Actualité été 2026 : Kouam Tawa

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Août 2026 - Kouam Tawa de retour en librairie

L’eau de là après le feu d’ici

Kouam Tawa de passage en Avignon, à la Chartreuse...
© Arnaud Galy

Rutilant facteur, le feu fait sa tournée dans les forêts du monde. Eteint ici, il repart ailleurs. Infatigable comme la mort. Face aux vagues des incendies, l’eau fait rempart. Curieuse inversion des rôles. C’est que, voyez-vous, l’eau a plus d’un tour dans son sac. Pour suivre son cours tumultueux entre deux rives en feu, il faut prendre la barque des poètes ; par exemple, celle de Kouam Tawa.

Gouttelettes d’Or, tel est le titre du plus récent ouvrage de ce magistral poète Camerounais. Magistral en ce qu’il écrit en chantant, enseigne en rêvant et à tous les vents, l’esprit ouvert.
Ce récit en poésie est divisé en trois parties : « L’eau de là », « La de l’Eau » et « L’ah de l’eau, l’oh de là ».

Soir de magie en Périgord Vert
La première partie de cet ouvrage, nous sommes plusieurs privilégiés à l’avoir vécue en cours de fabrication. Fabrication… Oui et sans ces guillemets qui servent de cache-sexe à un mot flou. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : faire poésie, conformément à l’étymologie grecque tirée du verbe poein, soit créer ou faire.
Kouam Tawa séjournait alors en résidence d’écriture à la maison du Goupillou.

Ce jour-là d’août 2022, Kouam Tawa a descendu le sentier qui mène au fond de la vallée, à Beaurecueil-Forge de la Poésie, salle Alcide-Dusolier, afin de partager, ce qui fut plus qu’un récital ou une performance, une cérémonie inoubliable. Le poète a dit, chanté, dansé et fait participer les spectateurs à son long poème « L’eau de là », superbe évocation d’une cérémonie qui rend à l’eau l’hommage qu’un enfant doit à sa Mer (lire ici notre papier d’il y a 4 ans).

L’eau dans tous ses états d’être
D’une façon ou d’une autre, toutes les religions communient par l’eau puisque sans elle, point de vie. Et point de vie, point de Dieu… L’eau qui empoisonne et donne le remède, qui sépare deux rives en les unissant, qui coule en restant la même. Elle est cette mort pleine de vies et cette vie parcourue de morts.
Dans la deuxième partie, Kouam Tawa songe : L’eau m’a pris par la main et me mène à moi-même. L’eau est la source de tous les rêves qui irrigue la grande plaine des humains. La mer sans / goutte d’eau / n’est rien / la goutte d’eau / sans mer / reste goutte d’eau / Vous savez qui est qui. Et tenons-nous le pour dit !
Dans la troisième partie L’ah de l’eau, l’oh de là, Kouam fait chanter en polyphonie une multitude de types humains sous divers rôles et masques qui évoquent leurs expériences de vivants dans toutes leurs dimensions célestes, terrestres et souterraines. L’eau chantée, dansée et surtout espérée comme un don divin : La pluie enfin ! La Pluie ! / (…) Cette odeur…/ Ah cette odeur / de premières / gouttes / de pluie / dans la poussière !
Dans un monde qui organise chaque jour le désordre, le devoir du poète est de replacer les mots à leur juste place et le cœur au centre de l’être :

Honneur à tous
ceux qui
ont rendu
au jour
ce qui est
au jour
à la nuit
ce qui est
à la nuit
et à la joie sa joie !

Jean-Noël Cuénod

« Gouttelettes d’or »-Kouam Tawa- Backland éditions-2026-202 pages.

(Bonheur et saine fierté de lire un recueil inspiré par une résidence à la maison du Goupillou)


Autour de Beaurecueil-Forge de la poésie, et donc... à une portée de parfum de la maison du Goupillou.
© Arnaud Galy