Le blogue du Goupil et de ses amis !

Le blogue du Goupil et de ses amis est le porte-voix des initiatives culturelles et artistiques qui poussent de-ci de-là dans le très proche environnement de la maison du Goupillou. Il annonce ou rend compte, il est précis ou évasif, fait la part belle aux mots, aux sons et aux images. Il est un espace de liberté autant que d’information.


30/08/2021

L’aurevoir du Goupil à Aneta
Croyez-le si vous voulez mais le goupil qui a su apprivoiser Aneta est venu nuitamment la saluer. Les cartésiens n’en croiront pas leurs yeux en lisant ces lignes mais, alors qu’Aneta passait ici sa dernière nuit pour cette année, l’animal intuitif est venu glapir sous sa fenêtre. Nous ne l’avions jamais entendu auparavant ! Aneta est certainement la personne qui a eu le plus de "relations" avec les renards du Goupillou, nous en sommes ravis et aussi profondément épatés pour ne pas dire émus ! Chacun verra le signe du hasard ou celui d’un mysticisme échevelé, selon ses convictions. Seuls les faits sont rapportés ici.


22 et 23/07/2021

Nelly Vranceanu
© Arnaud Galy

Si la maison du Goupillou se dédie principalement aux manieurs de mots, aux manipulateurs de la langue et aux remplisseurs de pages vierges, elle n’en est pas moins ouverte aux autres expressions artistiques. Nelly Vranceanu, l’administratrice de la MdG n’est-elle pas artiste peintre ? Son atelier n’est-il pas, là, à l’entrée de la maison ? Les peintres y sont donc les bienvenus, aussi.

Comme chaque année depuis 2015, le maître aquarelliste moldave Eugen Gorean est venu animer un stage d’aquarelle. Au diable la COVID. En prenant les précautions d’usage, rien n’a pu priver les stagiaires du bonheur de retrouver Eugen et son épouse Ioanna.


Eugen Gorean à la manoeuvre...
© Arnaud Galy

Pour ce faire, la MdG a migré vers le Repaire de la Vergne, à une poignée de kilomètres du pays des goupils. Le lieu est spacieux, chaleureux et les propriétaires accueillants. Merci Christine et Christian...
Deux jours durant, Eugen n’a pas hésité partager son incroyable expérience. Ce généreux trentenaire nomade, qui de sauts de puces en vols intercontinentaux a exposé ou encadré des stages en France, Belgique, Angleterre ou Hongrie... du Massachusetts à la Chine en passant par Saint Petersbourg était là, chez nous !


14/07/2021


© Aquarelle : Eugen Gorean

L’aquarelle, geste barrière anti-Covid

Qu’importe les virus vicieux et protéiformes, qu’importe le réchauffement climatique qui fait s’abattre sur la maison du Goupillou une température proche du mois de novembre et des giboulées marsiennes, qu’importe l’heureux événement qui s’annonce... comme les grues et les palombes, Eugen et Ioanna sont de retour. Pour le plaisir de tous ceux qui les ont croisés, ne serait-ce que la fraction d’un instant.

Ils ont quitté leur Moldavie voilà plusieurs jours, seront passés par la Bretagne avant de se poser à la maison du Goupillou. Lieu de repos et de travail que le couple affectionne depuis 5 ans maintenant.
Les 22 et 23 juillet, Eugen retrouvera « ses  » stagiaires, connus ou inconnus. Une dizaine, comme il se doit. Il les époustouflera par sa dextérité à manier l’aquarelle de ses mains de maître. Maître qui partage son savoir avec douceur et passion et qui accroche, expose, expédie ses œuvres de la Chine à l’Angleterre, des États-Unis aux Émirats Arabes Unis, de Chisinau à la maison du Goupillou. Les goupils en sont rosés d’émotion !

Dans l’aventure, une fois encore, la maison du Goupillou compte sur de sérieux partenaires. 4 kilomètres à vol d’oiseau et nous voilà au Repaire de la Vergne ou Christine et Christian Allard nous offre un magnifique cuvier en guise d’atelier. Pour clore les deux jours de stage, Eugen installera une exposition de ses nouvelles aquarelles, celles qui sont nées lors des confinements et des tragiques bizarreries de ces 15 derniers mois.

Il y a un mois, la maison du Goupillou et la Forge de la poésie s’ouvraient à une compagnie de théâtre ; fin juin une première résidente inaugurait la chambre des Croquants et depuis elle écrit, écrit, écrit... ; et maintenant, place à l’aquarelle. Et attention, pas n’importe laquelle !

Mais, il ne serait pas correct ni juste, de terminer ce billet sans évoquer la présence de Ioanna Costru. Certes, Eugen lui vole la vedette, car il anime le stage, mais...
mais, Ioanna est aussi pétrie de talent. Un jour, nous l’accueillerons pour animer un stage d’illustration. Elle embarquera ses stagiaires dans l’univers des contes pour enfants qu’elle connait sur le bout des pinceaux. Saperlipopette, ne nous emballons pas, demandons-lui, avant tout si elle serait partante... une question de consentement !

© Aquarelle : Eugen Gorean

17/06/2021
"Suite à la publication du 03/06/2021"

Criminalité, théâtre documentaire et catharsis

La réouverture des théâtres n’est pas seulement une vanne ouverte aux plaisirs, à l’instar des bars, terrasses, restaurants et autres lieux de la convivialité heureuse. Elle permet enfin à la scène de remplir son rôle essentiel au sein de la société : la catharsis. A ce titre, le théâtre documentaire est en première ligne pour purger les passions sociales.

Ce soir, Salle Alcide-Dusolier, au Château Beaurecueil-Forge de la Poésie (Mareuil-en-Périgord), des comédiens moldaves et français ont expliqué leurs démarches : Mihai Fusu, Manon Guillemin et Elsa Briangos ainsi que la traductrice franco-suisse Danny-Aude Rossel et l’artiste-peintre Nelly Vranceanu. Démarches qui sont partagées par nombre de comédiens qui mettent les mains dans le terreau du réel pour y extirper quelques pépites de conscience.

Mihai Fusu est en Moldavie - ainsi que dans d’autres pays comme la France et la Suisse - l’un des représentants les plus emblématiques du théâtre documentaire. Comédien mais aussi metteur en scène et pédagogue, Fusu a notamment œuvré dans un pénitencier moldave réservé aux condamnés à perpétuité pour crimes de sang, afin de former des détenus à jouer Hamlet de Shakespeare. Une vidéo sur cette poignante expérience a illustré le propos du metteur en scène-comédien à la Salle Alcide-Dusolier.

Hommes coupables parmi d’autres hommes coupables
Les détenus se sont aussitôt identifiés aux personnages de cette pièce traversée de sang, de colère, de désir de vengeance, qui n’est pas loin du désir tout court. Ils n’étaient donc pas que des prisonniers oubliés dans un cul-de-basse-fosse moldave dans des conditions indignes, mais des hommes coupables parmi d’autres hommes coupables sur la scène de l’humanité à perpétuité.

Mihai Fusu et son équipe se sont également attaqués à ce fléau qui reste tabou : la pédocriminalité. A la manière d’une enquête journalistique, ils ont interviewé des policiers, procureurs, victimes et pédocriminels, pour réunir et recouper les faits. Puis, ils les ont enchâssés dans un récit théâtral pour en présenter la substantifique moelle.

D’un patchwork de faits, Fusu et les siens ont tissé une vaste tapisserie – où les actes pédocriminels apparaissent de façon cohérente – animée par des personnages qui sont la synthèse des personnes rencontrées lors des enquêtes. Ils forment ainsi des archétypes qui en disent plus de la vérité qu’une masse informe de faits bruts.

La catharsis, une nécessité vitale
Ce faisant, ce théâtre documentaire remonte aux origines du théâtre grec qui provoquait au sein de la société cette catharsis qui lui est vitale (pour approfondir, lire cet article de la revue Recherches en psychanalyse). La « purgation des passions » – définition classique du mot « catharsis » – permet d’extirper les magmas d’ombres qui embourbent la société et de les projeter vers le public en suivant le processus précis de la dramaturgie. Ces magmas sont ainsi placés sous la lumière crue de la conscience collective.
Mais pas n’importe comment, « à la sauvage », comme dans les rézosocieux, ce qui aurait pour effet de nous aveugler, de nous assommer d’images et de propos incohérents nous interdisant toute compréhension des rouages complexes de la société.

Par l’emploi, quasiment rituélique, de la grammaire dramaturgique, ce calamiteux travers nous est épargnés et c’est une vision plus lucide et intelligente de notre monde qui peut être ainsi obtenue.
Le théâtre est plus que le théâtre.

Jean-Noël Cuénod


Mihaï Fusu et Nelly Vranceanu, des retrouvailles ici, à la Forge de la Poésie, au pied de la maison du Goupillou
© Le blogue du Goupil

Un échange attentif et convivial, Jean-Noël Cuenod à la baguette !
© Le blogue du Goupil

03/06/2021

Nous avons le plaisir de vous informer que le 17 juin à 19h chez nos amis de Beaurecueil - Forge de la Poésie, nous recevrons une troupe de théâtre franco-moldave pour une soirée lecture et rencontre :
 Mihai Fusu du Centre d’Art Coliseum, Chisinau (Moldavie)
 Elsa Briongos-Renaud et Manon Guillemin de la Compagnie 5h38, Paris (France)
 Danny Aude Rossel , comédienne et traductrice du "Septième Kafana"-

... autour de la pièce CORPS D’ENFANTS.
« Corps d’enfants » parle des abus sexuels sur les mineurs, de la pédocriminalité, du grooming et du tourisme sexuel sur internet.
Le texte a été construit à partir d’entretiens avec des enquêteurs, des procureurs, des avocats, des juges, des psychologues, des enseignants, des parents, des trafiquants, des agresseurs et d’anciennes victimes.
Il déroule avec finesse précision, sensibilité, les mécanismes d’emprise et de manipulation et vise à informer, alerter et prévenir ce phénomène.
Venez nombreux, Salle Alcide Dusolier - Château de Beaurecueil - Mareuil en Périgord (Saint-Sulpice de Mareuil)
Pour mieux vous accueillir, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir vous inscrire :
[email protected]


29/05/2021,

À quelques minutes marche, bottée ou sabotée, de la maison du Goupillou est fièrement dressé le château de Beaurecueil. Lieu qui autrefois forgeait boulets et canons à destination de la flotte royale à Rochefort et qui aujourd’hui forge des mots, avant tout de la poésie, et des chorégraphies. C’est l’entente cordiale entre les goupils et les poètes qui se sont donné comme animal fétiche, la libellule. En ce 29 mai de l’an 2021, c’est fête au château. Les poètes propriétaires, Christine Zwingmann Cuenod et Jean-Noël Cuenod inaugurent la salle Alcide Dusolier, ancien maître des lieux au parcours politique et littéraire des plus brillants.
Sont invités Bernard Lachaise, historien qui vient de publier une biographie d’Alcide Dusolier et Nelly Vranceanu, venue tout droit de la maison du Goupillou exposer ses huiles sur toile et ses graphismes. Une soixantaine de passionnés d’histoire locale et d’art sont au rendez-vous...
Visiteurs qui eurent le bonheur d’assister à une chorégraphie poétique rythmée par « Qui a éteint le feu », recueil de poèmes écrit en 2020 par Jean-Noël Cuenod.
Pour en savoir davantage sur Alcide Dusolier et sur la biographie écrite par Bernard Lachaise.
Inauguration qui sera suivie de bien des dates de rencontres, d’échanges et de libre cours à la créativité...



Photo et vidéo : © Le blogue du Goupil