Nadale Fidine (Cameroun)

Son pays ne manque pas de poétesses du quotidien, ni de prêtresses chantant les maux de la communauté, ni de beaux-parleurs aux discours fleuris... mais Nadale Fidine, elle, a choisi de s’exprimer au-delà de son cercle et des limites de Maroua où elle enseigne. Elle veut que ses mots s’exportent pourquoi pas s’exilent. Elle est venue chercher à la maison du Goupillou, un temps hors du temps, un temps favorable à l’expression de ses craintes, ses doutes et ses espoirs.
Après avoir connu, ces dernières années, la Chartreuse à Villeneuve lez Avignon et la Maison des autrices à Limoges, Nadale Fidine est arrivée début juillet à la résidence. Celle qui pose un regard aiguisé sur la société camerounaise suit avec attention l’actualité de son pays. 2025 est une année électorale et l’automne promet d’être chaud. Le vieux lion au pouvoir refuse de partir et maltraite ses opposants. Nadale, bien qu’isolée dans nos bois, ne peut s’empêcher de garder un œil sur les réseaux. Elle n’est pas prête de manquer de matière première pour ses pièces engagées. Malheureusement pour le Cameroun !


Nadale Fidine reçoit à la maison du Goupillou un carton rempli de sa dernière publication (oeuvre collective) : "Sur le fil", n° 2 de la Kopé Théâtre, "Quand la berceuse n’endort plus"
© Arnaud Galy - MdG

Entretien avec Nadale Fidine
par Arnaud Galy - Mdg


Le Cameroun est un pays où de nombreuses langues sont parlées et peuplé d’une grande diversité éthnique, dans quel contexte géographique et culturel es-tu née ?

Tu viens donc d’une région très éloignée des centres politiques et économiques du pays, cela a-t-il une incidence sur ta création ?

Tes écrits sont à la fois politiques, au sens large du terme, et aussi très poétiques...

Tu mènes une double carrière, littéraire bien entendu et tu es aussi enseignante de français dans un lycée bilingue à Maroua. Comment vis-tu cette situation, y vois-tu un avantage ?

Peux-tu nous parler de l’édition et de la diffusion des oeuvres littéraires et théâtrales au Cameroun ?

Tu repartiras de la maison du Goupillou avec une pièce terminée, le Champ de rouille, es-tu arrivée avec une page blanche ou déjà les idées bien en place ?

Le Champ de rouille parle de la difficulté pour les villages à préserver à la fois un environnement sain et la culture traditionnelle face au développement économique brutal...

... la tradition et les croyances sont-elles en péril ?

Nadale Fidine entourée de Christine Zwingman (Beaurecueil - Forge de la Poésie) et Anaïs Enon (résidente à la maison du Goupillou)
© Arnaud Galy - MdG