Nelly Vranceanu - atelier du Goupillou


Par son choix de tableaux de paysages, Nelly Vranceanu exprime ses nostalgies, ses inquiétudes, son mal du pays et les joies de la rencontre avec la nature. En travaillant le tableau de façon iconique, où le silence règne, sans faire référence au temps qui passe, elle ancre les racines des arbres dans le sol universel d’une poésie en couleurs, sans contraste, sans excitation, sans bruit. Le sens de la symbolique des arbres surgissant dans ses toiles, elle le recherche dans la spiritualité universelle, japonaise, juive, et celte où les arbres portent les valeurs de la continuité, de l’échange, du témoignage, de la liaison spirituelle entre l’homme et la nature, l’homme et l’univers. Dans leurs branches biscornues, ou au pied d’un arbre, dans « l’Herbe silencieuse » ou « Refuge séduisant » il y a toujours ce rapport à sa propre histoire, à son propre vécu.

Cette peinture-là vient de loin. Sa marque austère, dépouillée, annonce un romanesque assombri, sensoriel, proche d’un impressionnisme gothique en sépia (…) Le soleil n’en finit pas de se coucher sur une campagne retournée à sa magnificence intouchable, comme délivrée de toute vicissitude. Nul ne peut dire si dans ces paysages perdus, dans leur perfection, l’obsession minérale d’une campagne triste et belle est saisie d’une agonie ou d’une résurrection.
Ce qui retient le monde, ce sont ses bruits qui n’atteignent pas un pays parlant à voix basse (…)

Vers l’en-dedans ! La métaphysique du paysage.

Jean Michel Linfort
Le Périgord des peintres,
2009 – éditions Fanlac.
(page 237, 238)



Nelly Vrânceanu porte en elle les codes romantiques de sa Moldavie natale. Elle s’exprime dans un registre figuratif aux tonalités rabattues, aux couleurs sourdes, comme pour éliminer le clinquant et le vernis du monde, ne laissant apparaître que la poésie des paysages.
Son travail, orienté sur un registre classique très maîtrisé, privilégie une sorte d’humilité devant la beauté de la nature. Le lecteur est invité à découvrir un monde où le réel, pourtant si puissamment évoqué, passe sur l’anecdote pour laisser place à une symphonie pastorale hors du temps, dont chaque élément touche à l’universel.

Marie Florence Mazurier et Jean Philippe Teyssieras
Galerie le 5 à Ribérac


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